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Interview du Délégué Général de la FNAT face à l'urgence de designer un pilote pour la politique publique de la protection juridique des majeurs

Dans une tribune parue dans le Journal du dimanche du 8 décembre 2019, les trois principales fédérations du secteur de la protection juridique des majeurs (la Fnat, l’Unaf et l’Unapei) rappellent l’urgence de donner plus d’efficience à cette politique publique. Ils réclament pour ce faire la nomination d’un délégué interministériel, "un pilote" qui permette de faire travailler ensemble les différents ministères, comme l'explique Hadeel Chamson, Délégué Général de la FNAT pour Le Média Social.

Extraits des explications du Délégué Général de la FNAT recueillies le surlendemain de la parution de la Tribune au JDD. 

Hadeel Chamson y partage son inquiétude compte tenu du nombre de personnes concernées qui a vocation à augmenter face à l'absence de politique publique.

"Nous sommes inquiets.(...) Avec le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies neuro-dégénératives, ce chiffre devrait atteindre les deux millions en 2040.(...) Or les derniers rapports Libault et El Khomri ont fait l’impasse sur ce secteur. La future réforme Grand âge est probablement le dernier vecteur législatif de cette mandature dans laquelle des évolutions pourront être votées. La protection juridique ne doit pas être, une nouvelle fois, oubliée".

"Partagée entre le ministère de la Justice, celui des Solidarités et de la Santé et celui du Handicap, la protection juridique souffre d’un manque de cohérence. La population concernée est très vaste : ce sont souvent des personnes âgées ou handicapées mais certaines relèvent aussi de la psychiatrie ou ont des problématiques d’exclusion sociale ou d’addictions. Résultat, côté pouvoirs publics, aucun des ministres ne se sent réellement concerné par cette politique et nous sortons régulièrement de leurs radars", regrette-t-il.

L'occasion pour le Délégué général de la FNAT de revenir sur les insuffisances de la loi justice du 23 mars 2019, le sous financement du secteur et l'absence de reconnaissance des professionnels en dépit de responsabilités toujours croissantes :

  • "Les mesures 'de la loi « justice » de mars dernier' qui nous concernent restent minimalistes et symboliques". Pour alléger la charge de travail des juges des tutelles, elle a externalisé certaines de leurs fonctions, qui sont, en conséquence, désormais à la charge financière des personnes. En matière d'autonomie, les majeurs protégés ont désormais le droit de voter, de se marier ou de se pacser sans demander l'accord du juge. Ce sont des mesures de communication politique qui ont beaucoup fait parler mais n'ont pas été assorties de moyens supplémentaires pour les mettre en oeuvre. Pour ce public, l'exercice de ces droits doit être effectif et, au besoin, accompagné par des professionnels".
  • "Les enveloppes sont contraintes et les services ont de plus en plus de mal à assurer les mesures qui leur sont adressées. Résultat, on risque d'assister à une dégradation de la mise en oeuvre des mesures de protection et des conditions de travail."
  • "Depuis la réforme de 2007 mise en oeuvre en 2009, les professionnels se sont formés, ont mis en place tous les dispositifs de la loi 2002-2, le tout à statut constant, sans aucune reconnaissance. Un mandataire commence sa carrière à 1350 euros alors qu’il a de lourdes responsabilités auprès de publics vulnérables. Le métier a besoin d’être plus attractif sinon nous risquons de connaître une crise des vocations du même ordre que dans l’aide à domicile !"

→ Retrouver l'interview détaillé du Délégué général de la FNAT, Hadeel Chamson dans le Média Social le 10 décembre 2019 sur FNAT DOC et ci-dessous :




par Nathalie SLISKOVIC
publié le 12/12/2019

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