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Interview du Président de la FNAT pour « Cettefamille »

Fin novembre 2018, le Président de la FNAT, Ange FINISTROSA a répondu aux questions de CetteFamille concernant le métier trop méconnu de MJPM, mais essentiel à la protection des personnes vulnérables. Cette entretien a porté notamment sur la situation des majeurs protégés en France, les actions de la FNAT, la question du financement du secteur, les problématiques liées au logement des personnes, et à l'accès à l'information... 

CetteFamille est une entreprise sociale et solidaire (ESS), créée en 2016 pour promouvoir et développer l’accueil familial en France (accueil familial, en coopération étroite avec les départements et les acteurs en place).

Extraits :

  • La situation des majeurs protégés en France...

 "Une enquête publiée en mai 2016 annonce que le nombre de mesures pourrait doubler d’ici 2040.(...) C’est un phénomène de société, qu’il faut relier au vieillissement de la population.(...) Les personnes sous protection sont généralement des personnes âgées de plus de 65 ans et des personnes atteintes de maladies psychiques ou psychiatriques : schizophrénie, démence, etc. Tout ce qui est lié au handicap et empêche l’expression de la volonté des personnes.Être handicapé n’est pas, en soi, une raison de bénéficier d’une mesure de protection, c’est le fait que la volonté ne puisse pas s’exprimer qui peut le justifier.Les travaux récents d’une mission interministérielle ré-accentuent encore ce principe (de primauté familiale) et y adjoignent des dispositifs nouveaux et donc mal-connus, notamment le mandat de protection future. "

"La culture « droits-de-l’homme-iste » en France fait qu’on réaffirme les droits des citoyens régulièrement. Notamment le droit de vote. (...) C’est une bonne chose du point de vue de la citoyenneté, mais il faut que la mesure soit bien encadrée pour limiter les abus potentiels, notamment de possibles trafics de procurations de gens qui n’auraient plus leur lucidité par exemple.."

  •  Le mandat de protection future, un dispositif qui peine à se faire connaître ?

"Il est récent. Il est entré en application en 2009, et souffre d’un défaut de publicité (...)  Malgré le principe de primauté, il faut tenir les familles au courant de leurs droits pour leur permettre de s’occuper de leurs proches."

  • Les problématiques de financement des MJPM :

"Rappelons que la protection des majeurs mobilise le ressors de l’État Solidaire, et pas de l’Etat Providence. Ce dernier consiste à accorder des aides aux gens qui en ont besoin, alors que l’Etat Solidaire, défini par l’article 415 du Code Civil, consiste à couvrir par l’Etat un besoin fixé comme relevant de la solidarité nationale. Les finances publiques sont contraintes, et l’Etat cherche à faire des économies en réduisant ses charges. Le fameux décret que vous évoquez s’inscrit dans cette logique : on demande aux majeurs protégés de participer financièrement à leur mesure de protection. Malheureusement, dans son application, ce sont les plus pauvres qui paieront le plus cher alors que les plus riches seront sanctuarisés grâce à un plafond. Tant mieux pour eux, mais 54% des personnes protégées sont sous le seuil de pauvreté (source ANCREAI), et pour eux une augmentation de 5€ par mois est énorme !"

Retrouvez l'intégralité de l'interview sur le site internet de CetteFamille



par Nathalie SLISKOVIC
publié le 01/02/2019

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